Vingt et une heures, fin août. Le bassin est noir, les serviettes sont rentrées, et une traînée rouge traverse l'eau d'un bord à l'autre. La coque n'est pas peinte, elle est translucide, et les LED logées à l'intérieur la traversent de part en part : selon l'angle, le rouge vire au bleu. Un bateau radiocommandé électrique qui se voit avant de se piloter. La coque translucide ne donne sa mesure qu'une fois le jour tombé En plein soleil, l'effet holographique se devine à peine. À la tombée du jour, il devient le repère qui permet de suivre le bateau radiocommandé électrique à cinquante mètres sans le perdre, là où une coque opaque disparaît dès qu'elle sort de la zone éclairée. La navigation nocturne n'est pas un supplément décoratif : elle ajoute deux bonnes heures de jeu par soirée d'été. Sous la ligne de flottaison, deux hélices entraînées par un double moteur emmènent les trois cent cinquante grammes à une dizaine de km/h, et la carène bionique tient l'assiette quand la surface se ride. Le capot se ferme par un verrou à torsion, un quart de tour qui scelle la batterie et l'électronique avant la mise à l'eau. Pour un parent, l'argument tient en une phrase : à huit ans, un enfant qui voit son bateau ne le perd pas. Les hélices de rechange sont dans la boîte.