La lumière du soleil se faufile à travers des poutres brisées, se reflétant sur des flaques d’anciens alcools et de sel, réchauffées par le parfum des pêches mûres écrasées sous la chaleur estivale. Sur la côte méditerranéenne, la distillerie abandonnée respire en silence, ses vignes s’enroulant comme une écriture oubliée autour des alambics de cuivre rouillés et des sols de pierre imprégnés des souvenirs de douceurs passées. Le vent transporte les embruns marins à travers les volets brisés, se mêlant aux fantômes de peaux de raisin et de feuilles de vigne, séchées au soleil et cassantes. La mémoire du cognac continue de parfumer l’air, dense de zestes d’agrumes et de chêne brûlé par le soleil. Le jasmin, autrefois suspendu pour sécher, pousse désormais à l’état sauvage à travers les pierres fissurées. On raconte que ce lieu fut autrefois sacré, sans noms ni cartes pour le marquer. Seul le parfum demeure : Cognac Paradis.