Le macareux est un oiseau lourd et mauvais planeur : pour se maintenir en l'air, il bat des ailes à une fréquence très élevée, de l'ordre de 400 battements par minute, et atteint des vitesses proches de 80 km/h. Ce vol rapide et rectiligne, tout près de la surface, le rend particulièrement difficile à photographier. L'image en fait un exercice de dépouillement. L'oiseau est minuscule, placé au centre géométrique d'un cadre presque vide, ailes déployées et pattes orange tendues en arrière. Tout le reste est occupé par la mer, traitée en aplat gris très sombre, que traverse en diagonale une seule bande d'écume claire dans le coin supérieur gauche. Il n'y a ni horizon, ni ciel, ni repère d'échelle : rien que cette diagonale et ce point. La composition emprunte davantage à la peinture minimaliste qu'à la photographie animalière classique. Le vaste aplat sombre est ce qui fait — ou défait — le tirage. Le plexiglas est nettement le meilleur choix : il donne au gris une profondeur que les autres supports aplatissent. Une image qui prend toute sa force en grand format, accrochée seule sur un mur dégagé.