Sestrales dresse le portrait d'une parole isolée, celle d'une femme vivant dans une forêt. La narratrice tente là de se soustraire aux violences qui la menacent en rétablissant, par le langage, la relation à soi, aux êtres et aux choses. Pour ce faire, l'adresse à sa soeur montre d'abord en quoi la rencontre échoue : le poème devient le témoin et la trace de cette fragilité en lien avec l'isolement (physique, intime, géographique) qui pose ultimement entre elles la question de la limite des corps, des sensibilités et des identités sexuées. Cette stratégie de renoncement l'amène par ailleurs à s'extraire des conventions de rôles sexués et genrés qui s'inscrivent dans une logique d'exploitation sexuelle, non sans qu'elle s'impose à son tour toutefois une forme de violence. Mais le lien entre les deux femmes (cette sestralité évoquée par le titre) reste garant d'une promesse de création.Cette existence est la plus solitaire que j'aie vécue. De temps à autre, une volée d'oiseaux picote le ciel; c'est une joie que je comprends. Andréane Frenette-Vallières a grandi à Mont-Saint-Hilaire. Elle a terminé une maîtrise en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal, en 2018, et a publié des textes dans différentes revues dont Estuaire et Littoral. Elle travaille actuellement pour les Éditions du Noroît et donne des ateliers d'écriture à l'Université du troisième âge de l'Université de Sherbrooke. AU NOROÎT, elle a publié Juillet, le Nord (coll. «Initiale», 2019, Prix Félix-Leclerc).