Depuis quelques années, la toxicité de certains fans atteint des sommets que l’on pensait réservés aux passionnés de football. À chaque fois, des attitudes d’enfants gâtés face à des films ou séries qui ne leur offraient pas exactement ce qu’ils attendaient : appels au boycott, pétitions, harcèlement. Et que dire du torrent de boue qui s’est abattu sur Daniel Craig ou Robert Pattinson lorsqu’ils ont été annoncés dans leurs rôles respectifs — jugés avant même d’avoir filmé un seul plan ?Ces comportements ne sont rien à côté de ce qu’a vécu l’équipe de Morbius. Un film certes décevant, mais qui propose un univers totalement à part dans le cinéma de superhéros. Or, bien avant sa sortie, les réseaux sociaux ont vu se multiplier les condamnations précoces et les appels au boycott. La raison ? Morbius fait partie de l’univers Spider-Man qui appartient à Sony Pictures — et les fanboys du MCU ne le supportent pas. Leur but : provoquer suffisamment d’échecs commerciaux pour que Sony rende les droits à Marvel.Quel gâchis ! Le cinéma de superhéros serait terriblement ennuyeux si tous les films devaient être formatés comme une production Marvel. Ce genre perdure au sommet du box-office justement parce qu’il autorise des approches très différentes : quel rapport entre un Avengers et un Joker ? Entre The Batman et Deadpool ? C’est la diversité du genre qui fait sa richesse.Alain Bielik