Vous est-il déjà arrivé d’être plongé dans une scène d’action, puis de décrocher brutalement à cause de l’absurdité de l’action ? Le genre de scène où l’on se dit en soupirant « Ben voyons… »Deux exemples récents illustrent cette dérive : The Mandalorian, avec le combat de Boba Fett contre les Stormtroopers, et The Suicide Squad, avec l’évasion de Harley Quinn. Dans les deux cas, le héros armé d’un simple bâton affronte des ennemis équipés d’armes automatiques… qui courent vers lui un par un pour se battre au corps à corps.Cette incompétence aberrante des méchants se retrouve particulièrement dans les séries Star Wars : dans Boba Fett, un droïde de combat est incapable de toucher une dizaine de rebelles à découvert ; dans Obi-Wan Kenobi, la petite Leia sème plusieurs adultes entraînés du haut de ses dix ans.Ces moments absurdes tuent le suspense car ils vont à l’encontre de toute logique. Pourtant, il est possible de créer des scènes d’action à couper le souffle tout en restant réalistes — comme l’hallucinante scène du bus dans Nobody : brutale, vraisemblable et absolument enthousiasmante grâce à une progression dramatique exemplaire.Alors, s’il vous plaît, mesdames et messieurs les scénaristes, essayez de jouer la carte de nos émotions et de notre intelligence, au lieu de celle de la crétinerie.Alain Bielik