Commençons par une simple question : avez-vous déjà entendu quelqu’un se passionner pour les productions récentes du Marvel Cinematic Universe ? Ces films qui nous faisaient autrefois rêver ne semblent susciter aujourd’hui, sauf exception, qu’un enthousiasme poli. Depuis 2019, un seul film a été à la hauteur de la réputation du studio : Spider-Man : No Way Home. Le reste a été marqué par le retour sympathique mais très oubliable de héros préexistants, par le pire film Marvel (Thor : Love and Thunder) et par l’arrivée de nouveaux héros en demi-teinte (Shang-Chi, Les Éternels). Sur le petit écran, après les réussites Wandavision et Loki, nous avons eu droit à des productions très quelconques. Certaines ont laissé tout le monde indifférent, tandis que d’autres ont suscité un rejet total (She-Hulk). Il n’a échappé à personne que le MCU a commencé à décliner en 2020, lorsque le studio s’est lancé dans les séries. Du premier Iron Man jusqu’à Ant-Man, on compte douze films étalés sur sept années. Entre Wandavision et Wakanda Forever, nous avons eu droit à seize films et séries… en trois ans ! Comment maintenir le même contrôle qualité sur une telle avalanche de projets simultanés ? Le MCU n’était plus la machine à hits qu’il avait été. L’autre problème, c’est l’absence de vision globale claire. Avec la saga des Pierres de l’Infini, les enjeux étaient évidents, la menace bien définie. Mais depuis 2020, on ne voit que des lignes narratives brouillées. Le Multivers est une très belle idée, mais Marvel a oublié de nous donner le mode d’emploi. Faisons confiance au studio pour rectifier le tir d’ici le prochain Avengers, mais le mal est fait. En attendant, prions pour que Marvel corrige ses deux principaux défauts : plus de final interminable à grands coups de personnages pixelisés qui se tapent dessus pendant vingt minutes, et par pitié, pas de nouvelle histoire de menace planétaire. The Dark Knight, Logan ou The Batman ont prouvé qu’on pouvait très bien s’en passer. Alain Bielik