Woke. C’est le mot qui est partout à la bouche à Hollywood. L’idée que les films doivent refléter la diversité de nos sociétés modernes, avec plus de femmes dans des rôles d’action. Suite au mouvement #MeToo, combattre la masculinité toxique en mettant en scène des personnages féminins forts s’est imposé comme une évidence. Le problème est que cette belle idée a viré à la croisade stérile. C’est le scénario qui doit guider la nature des personnages, pas la mouvance idéologique à la mode. Or, c’est exactement ce qu’Hollywood est en train de faire. Cela a commencé par le désastreux S.O.S. Fantômes de 2016 dont la seule raison d’être était d’avoir mis des femmes à la place des hommes. Ça ne suffit pas à faire un film ! Puis, nous avons vu se succéder des films et séries d’action où les hommes étaient relégués artificiellement aux seconds rôles (Terminator : Dark Fate, Star Wars, Boba Fett), taxés de toxicité généralisée (Birds of Prey, Charlie’s Angels), voire réduits au statut de bouffons incompétents (S.O.S. Fantômes, Men in Black International, Thor : Love and Thunder). Le spectateur n’est pas dupe : il sait quand on lui impose un personnage féminin artificiellement dopé à la testostérone. Il sait aussi quand une femme mérite son statut d’héroïne : Leia dans Star Wars, Sarah Connor dans Terminator, Ellen Ripley dans Alien, Katniss Everdeen dans Hunger Games, Furiosa dans Fury Road… Autant de personnages forts auxquels on croit sans qu’ils aient besoin d’être des porte-drapeaux pour la cause féministe. Tous doivent se surpasser pour survivre, là où les héroïnes modernes comme Rey Skywalker ou She-Hulk n’ont besoin de fournir aucun effort. Le pire est encore que ces films croient caresser le spectateur dans le sens du poil en multipliant les héroïnes « badass », mais c’est vite oublier que le public masculin n’en veut pas. Il est même exaspéré de voir ses héros se faire émasculer. Prenez Top Gun : Maverick pour modèle : un film d’action ultra divertissant, porté par un héros attachant, et où le personnage féminin n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit pour être une femme moderne. Alain Bielik